Chronique de Bis zum Tod par KoFa KaZii


MUCKRACKERS : "Bis zum Tod" (jusqu'à la mort)
Le premier grand pressage d'un album de Muckrackers se devait de commencer par le desormais mythique "Chant des Mineurs". Introduction qui contient froidement toute la rage qui va bientôt exploser, et plante le décors : une région dévastée dans laquelle seule la lutte peut encore dessiner un horizon. La lutte, c'est guitare et barres d'acier au poing que va la mener Muckrackers, pendant 11 titres violents, lourds, rapides et sans concessions. #4, et surtout Rot_Front_36 (que l'on retrouve sur cet album), annonçaient déjà la nouvelle voie emprunté par le groupe : celle de l'INDUSTRIAL HARSH PUNK. "Bis zum tod" en est l'illustratiion et confirme la place tenue par Muckrackers dans cette "nouvelle vague" de groupes, qui, à force d'expérimentations, repoussent les limites du bruit et écrivent le futur de la musique punk/industrielle : F.Y.D, PANIC DHH, LEECHWOMAN, BEINHAUS...
INDUSTRIEL donc, à travers ses percussions métalliques assourdissantes, son amour avoué pour le bruit (Leer et ses 12 minutes de bruit blanc hypnotique) et ses larsens stridents ("T_63" assaut punk industriel épileptique qui s'achève, comme suffoquant, sur une "mélodie" de larsens.)
HARSH aussi, à travers ses nappes sonores acides et ses rythmiques, qui se tournent tantôt vers l'EBM lourde et dansante, tantôt vers une électronique ultra rapide et assassine ; mais toujours composées de "skriiiiiizzzzzzz" et de "krrrrrekrkrkr" et autres "iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzzzzttttttrrrrrrr". Car il faut user d'onomatopées pour décrire le son des Fouilles Merdes Lorrains.
Celles de DJ_Laverge, qui prête son énorme organe vocal au groupe, sont LE véritable plus du nouveau Muckrackers. Ses hurlements incompréhensibles font contre poids avec les slogans lancés par DJ_Negative. Sur cet album comme sur scène, dont il occupe désormais le centre, LaVerge affirme le côté PUNK du groupe, et apporte une forte de dose de folie et d'humour ("Monoton", le monument, est une attaque d'une violence foudroyante, lancée comme un kamikaze. Le kamikaze intérieur, celui qui, mort déjà, sous le poids de la douleur et de la folie, se jette contre les murs de sa propre tête comme un train à pleine vitesse... Ha...snif).
Comment ne pas parler de Kein Vergeben, titre réalisé avec les génies de Beinhaus, de son piano cassé, bô comme la rosé sur un boulon rouillé, et de la voie d'Ulrike... ah... Ulrike. Ce titre sera notre seul moment de répit (et encore) au sein de cet album massif et sans concession. "Bis zum Tod", c'est le son d'un haut fourneau qui s'effondre, et le cris des ouvriers qui se soulève en réponse.