Toute personne hostile à la dictature des ondes ou toute autre forme d'exploitation et d'injustice,
désireuse de combattre peut faire quelque chose, même si cette action est modeste, et plusieurs petites actions en feront naître une immense. Ceux qui, après avoir lu ce manuel, auront conclu qu'ils ne peuvent rester passifs, nous les invitons à suivre les instructions que nous proposons et à s'engager tout de suite
dans la lutte.

Car, en toute hypothèse et dans toutes circonstances, le devoir du harsh punker industriel est de faire
péter les watts.

S'il importe de lire cet ouvrage, il est également souhaitable de le diffuser au plus grand nombre.
Que ceux qui acceptent les idées qui s'y trouvent défendues, le fassent ronéotyper, imprimer
ou le mettent en ligne sur internet.

Ce manuel est le résultat d'une expérience vécue par un groupe d'hommes qui, en Lorraine, luttent les guitares à la main et dont nous avons l'honneur de faire partie. Notre but est de recruter le plus grand nombre possible de partisans. Le nom d'agresseur sonore ou de terroriste musical n'a plus le sens qu'on lui donnait jadis.
Il ne suscite plus la terreur ou le blâme ; il éveille des vocations. Être "activiste" dans la Lorraine d’aujourd’hui honore le citoyen, puisque cela signifie qu'il lutte, avec ses instruments, contre la monstruosité et l'abjection que représente l'actuelle dictature des supermarchés de la musique.

EN TOUTES CIRCONSTANCES, LE HARSH PUNKER DOIT :

Trouver les outils, de préférence des machines cassées, usées, et les détourner de leur usage quotidien,
car dans les mains et entre les oreilles du harsh punker, tout est une arme, chacun doit se forger la sienne. Pour débuter, trois bidons suffisent pour déclencher un attentat sonore… le mot d’ordre ?
Destruction mécanique des oreilles !

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Utiliser les armes et les moyens de communication de l’ennemi, noyer les médias officiels, brouiller
les langages, porter une cagoule à l’intérieur de sa tête, retourner les armes contre l’ennemi,
porter ses uniformes pour se fondre parmi lui, et au moment opportun, lui envoyer les watts comme du TNT.

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Harceler l’ennemi, le décourager sans cesse, partout, et pour mieux le distraire, savoir se taire pour ensuite réapparaître un peu plus loin, les vu mètres explosés.

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Pratiquer le spam agressif, sonore et visuel. faire tourner les flyers, le bouche à oreille est le meilleur canal, distiller les rumeurs, tagger, graffer, placarder…

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Ne pas se refuser aux grandes salles, le poison se dilue plus vite dans la foule. Profiter des festivals, noxious art en tête, comme autant de réunions de famille. Tous les lieux d’expression sont permis : le monde entier est un immense squat.

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Ne pas hésiter à déplacer les champs de bataille de la scène vers la rue : les salles de rock
comme les amphithéâtres des universités ou les halls de gare sont autant de lieux pour lâcher le son.
Nous connaissons le terrain mieux que nos ennemis, nous sommes dans la foule, invisibles,
et au moment opportun, nous dégainons les 6 cordes.

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Prendre l’argent public, là où il est. Le détourner de son usage initial. Tous les moyens sont bons,
car notre cause est juste :INDUSTRIAL HARSH PUNK BIS ZUM TOD !

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Ne jamais sortir sans armes, des stickers plein les poches du treillis en permanence : en coller partout.

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N’accepter aucune hiérarchie. Le roi de la fête est un bouffon et les bouffons font sauter toutes les têtes, couronnées ou pas. Le son, c’est de l’air, vrillé par les saturations, tordu par les hors phases, mais libre, toujours libre, personne ne peut se l’approprier.

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Trouver le bon son, le diffuser par tous les moyens, copier les disques et les disquettes, faire profiter
les autres de ses trouvailles corrosives, quelques noms ? Beinhaus, Lith, F.Y.D, Ebola, Leech Woman, Jude, White Dolls, … la liste est longue. Partout des guerilleros préparent dans l’ombre les décibels de demain.

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Agir par petits groupes de 3 ou 4, se fondre dans la foule, anonyme. Et d’un coup d’un seul, laisser exploser sa bombe sonore au milieu des passants.

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Compter sur l’effet de surprise plutôt que sur le nombre, il est donc préférable de n’agir que de nuit,
mais le jour aussi, il est possible de laisser éclater sa colère en décibels, il faut alors bien choisir le lieu
et rester convaincu que le maximum de bruit sera atteint par des individus déterminés.

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Augmenter graduellement les troubles sonores par le déclenchement d’une série interminable d’actions imprévisibles et forcer l’ennemi à se concentrer sur un groupe, pendant que les autres franchissent
le mur du son.

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Apprendre les réflexes de survie, lire les manuels des guerilleros sud-américains et remplacer
les kalashnikovs par des 6 cordes.

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S’il faut travailler, se fondre dans la masse, et n’éclater au grand jour que la nuit,
au summum de la tension et de l’action.

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Ne jamais mépriser aucune forme de son sauvage, peu importe le beat, tant qu’il respire le barbelé
et la révolte. Ne pas se couper des teuffeurs, et mêler nos guitares à leurs beats.

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Porter les badges comme autant de décoration militaires, un groupe arboré,
une bataille de gagnée sur le silence.

 

Car n’oublions jamais qu’ils ont voulu nous réduire à néant.
Car n’oublions jamais qu’ils ont brimé nos pères, abattu nos haut-fourneaux,
pollué nos rivières, fermé nos écoles, rasé nos quartiers, écroulé nos cités.
Car n’oublions jamais qu’ils ont tout tenté
pour que nous abandonnions notre terre, la Lorraine.

A l’attention de ceux-là…

Nous sommes toujours là et nous ne sommes pas dupes de vos manigances.
Nous sommes armés du son aiguisé des luttes de nos pères.
Nous résisterons encore, encore et encore.
Nous vengerons la mémoire de nos ancêtres.
Nous vous détruirons les oreilles.

CONCASSAGE RYTHMIQUE + MUR DE GUITARES + SLOGANS HURLÉS :
INDUSTRIAL HARSH PUNK JUSQU'À LA MORT !

 

Ce manuel est inspiré dans l’esprit, et parfois dans la lettre, du “Manuel du guerillero urbain” de Carlos Mariguela, combattant assassiné par la police politique du Brésil lors de la dictature militaire. Le texte complet est disponible ici.