Un champ de ruines. L'héritage des seigneurs du fer et autres maîtres des forges qui ont saigné les Lorrains et leur terre depuis plusieurs siècles. Après avoir arraché au sous-sol ses richesses (fer, charbon, sel), avoir réduit à l'état de demi-esclaves plusieurs générations de sidérurgistes, ouvriers et mineurs, les barons s'en sont allés faire d'autres profits loin de la Lorraine, emportant avec eux leurs dividendes, nous laissant pour seul horizon des friches industrielles à perte de vue, et le souvenir de la destruction de plusieurs centaines de milliers d'emplois industriels.
Nous refusons cet héritage, et nous refusons de courber l'échine. Nous avons vu assez d'usines fermer, de plans sociaux expédiés à toute vitesse et de familles entières plongées dans le désarroi, souvent forcées à l'exil.
"La destruction est aussi création" criaient les anarchisres adeptes de la propagande par le fait : à la destruction systématique de notre région, encouragée par le mutisme de l'Etat central, nous répondons par d'autres cris, encapsulés dans des disquettes 3'5, support obsolète à la capacité très réduite, idéal pour favoriser l'expression colérique et éphémère. Dans cet effort, nous sommes accompagnés par l'internationale de la terreur lorraine : nos frères et soeurs de la scène régionale punk, électronique et industrielle.
(Quelques cris au milieu d'un assourdissant silence)
lLe temps est venu de juger ceux qui ont fait de la Lorraine une ruine.
[ni pardon]
[ni oubli]
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